Joe Bousquet à Carcassonne








Maison avec chambre aux volets clos de Joe Bousquet


propriété Département et gestion Centre Joe Bousquet

Lieu habité jour et nuit par JB paralysé de guerre

 


 




Centre Joe Bousquet et son temps, maison des mémoires

ma chambre est "une citadelle intérieurement creusée de mille pièces étonnantes par leur étendue"
C'est au 53 rue de Verdun à Carcassonne qu'a vécu le poète Joë Bousquet, figure emblématique de la première moitié du XXe siècle. Blessé par une balle allemande en mai 1918, le jeune lieutenant Bousquet, paralysé, ne devait pratiquement plus quitter la chambre. Alors, à son chevet, s'est pressé tout ce que le XXe siècle comptait de créateurs : de Paul Valéry à Max Ernst, de Magritte à Louis Aragon, en passant par André Gide, Dali, Tanguy, et Simone Weil... sans oublier les belles visiteuses de l'aristocratie de Carcassonne qui repartaient au petit matin avec missel et mantille pour donner le change.

Aujourd'hui, la chambre de Joë Bousquet est restée rigoureusement dans l'état dans lequel elle était du vivant du poète.

Largement ouverte au public, elle est devenue lieu d’échange, de recherches et abrite aujourd’hui, outre la chambre de l’écrivain, la Maison des Mémoires, le GARAE (Groupe Audois de Recherche et d’animation Ethnographique) et le Centre d’études Cathares René Nelli, son grand ami qui lui parlait de l'amour courtois.

Une exposition permanente permet de redécouvrir la personnalité de Joë Bousquet, sa vie, son oeuvre et l'influence qu'il exerca sur les milieux littéraire, philosophique et artistique de son époque. Manuscrits, tableaux, publications émaillent cet émouvant parcours qui mène à la porte de la chambre du poète. Cette exposition est animée et valorisée par le centre Joë Bousquet et son Temps.

Des expositions temporaires sur les relations écriture/peinture, des colloques et des soirées littéraires sont régulièrement organisées : programme d’animations sur demande.

De 1924 à sa mort, il a occupé, à Carcassonne, au 19 rue de Verdun, puis au 41 et enfin au 53 « la chambre aux volets clos ». C’est là qu’il entreprend de « naturaliser sa blessure ». Il commence à écrire. Telle une araignée sur sa toile, Joë Bousquet attend au centre de sa chambre. Au milieu des vapeurs d’opium et des parfums que de belles visiteuses laissent s’évaporer, il est là gisant, guettant les bruits du monde, et échangeant des lettres avec ceux qui marchent. Lui, colonne vertébrale brisée, il peut sentir physiquement en lui la terre tourner, alors que les bien portants n’y prennent garde.

Dans cette maison aux volets toujours clos, il y a son lit immense avec le coussin réceptacle de son corps, un petit guéridon rond plein de médicaments, une table pour les manuscrits et la bibliothèque basse. Quelques tableaux et des lampes toujours allumées. De 1925 à sa mort, le soleil n’est jamais entré dans cette chambre, quelques amis et amies, oui. Tapi dans la douleur, Joë Bousquet réussit à habiter la douleur. Lançant ses innombrables correspondances avec les peintres, les poètes, il a, si ce n’est sauvé le monde, du moins sauvé le sien. « Les miracles de l’amitié » l’ont tenu debout et éloigné ses ténèbres. Dans sa chambre (l’oubliette aérienne, disait-il), il s’entoure de toiles qui l’aident à vivre (Paul Klee, Max Ernst, Fautrier, Magritte…).

De nos jours rien n’a changé dit-on : « même l’odeur d’opium, drogue qu’il prenait régulièrement pour soulager ses douleurs ne semble pas vouloir s’évaporer ».

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